Rupture Conventionnelle : Suis-je en droit de la demander à mon employeur ?
Souvent perçue comme solution idéale pour quitter son entreprise, beaucoup de salariés se posent cette même question.
LICENCIEMENTS & RUPTURES
12/27/20254 min lire
Rupture conventionnelle : suis-je en droit de la demander à mon employeur ?
La rupture conventionnelle, instaurée en 2008, est devenue le mode de séparation privilégié entre salariés et employeurs. Elle permet de rompre un contrat de travail à durée indéterminée (CDI) d'un commun accord, tout en ouvrant droit aux allocations chômage et au versement d'une indemnité de rupture.
Cependant, derrière cette apparente simplicité, la rupture conventionnelle reste un processus de négociation où chaque étape compte.
1. Les 3 avantages de la rupture conventionnelle
Pourquoi choisir ce mode de rupture plutôt qu'une démission ou une prise d'acte ?
Le bénéfice du chômage (ARE) : Contrairement à la démission, la rupture conventionnelle est considérée comme une privation involontaire d'emploi. Elle ouvre droit aux allocations de retour à l'emploi (ARE) versées par France Travail (ex-Pôle Emploi), sous réserve d'avoir suffisamment cotisé. C'est le filet de sécurité privilégié pour une reconversion.
L'indemnité de rupture : Le salarié ne part jamais les mains vides. L'employeur a l'obligation de verser une indemnité spécifique de rupture conventionnelle. Son montant minimum est égal à l'indemnité légale de licenciement (ou l'indemnité conventionnelle si elle est plus favorable).
L'absence de préavis légal : Il n'existe pas de "préavis" au sens strict. La date de fin de contrat est fixée librement par les deux parties. Cela permet une flexibilité totale : vous pouvez quitter l'entreprise très rapidement (sous réserve des délais d'homologation) ou, au contraire, prévoir un départ dans plusieurs mois.
2. Peut-on imposer une rupture conventionnelle ?
La réponse est non. L'essence même de ce dispositif est la liberté de consentement.
Pour le salarié : Vous ne pouvez pas exiger que votre employeur accepte votre demande. Ce n'est pas un droit acquis, quel que soit votre motif (projet personnel, reconversion, fatigue professionnelle).
Pour l'employeur : Il ne peut pas vous forcer à signer une rupture conventionnelle pour éviter une procédure de licenciement. Une signature obtenue sous la pression ou le harcèlement peut être annulée par le Conseil de Prud'hommes.
Il ne s'agit donc pas d'un automatisme, mais d'une négociation contractuelle.
3. Comment demander et obtenir une rupture conventionnelle ?
Puisqu'il s'agit d'un accord mutuel, la forme de votre demande est primordiale pour convaincre votre employeur.
a) Formuler sa demande
Il est conseillé de solliciter un entretien dédié pour exposer votre souhait. Bien qu'aucun formalisme ne soit imposé par le Code du travail, exprimer clairement vos motivations permet d'ouvrir le dialogue de manière constructive.
Vous pouvez mobiliser certains arguments qui peuvent lever les freins de votre employeur, notamment par peur du coût ou du risque de désorganisation :
Le risque de conflit : Une rupture amiable évite les tensions internes et le risque d'un futur contentieux aux Prud'hommes.
Le renouveau de l'équipe : Un salarié démotivé coûte parfois plus cher à l'entreprise qu'une indemnité de rupture.
La fluidité de la passation : Proposez d'accompagner votre successeur ou de finaliser vos dossiers en cours en échange de la signature.
b) Négocier les termes du départ
Si votre employeur est réceptif, la discussion doit porter sur deux points fondamentaux :
Le montant de l'indemnité : Elle ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement, mais elle peut être négociée à la hausse en fonction de votre ancienneté ou du contexte de votre départ.
La date de fin de contrat : Contrairement à une démission, il n'y a pas de préavis légal fixe, mais un délai d'homologation administrative à respecter.
4. Quel montant d'indemnité négocier ?
Le montant de l'indemnité est souvent le point de friction. S'il existe un minimum légal, il n'y a pas de plafond. Dans le cadre d'une négociation assistée par un avocat, plusieurs facteurs peuvent faire grimper ce montant :
Votre ancienneté réelle ;
Le préjudice éventuel lié à votre départ ;
Le rachat de jours de congés non pris ou de RTT ;
Le paiement d'une clause de non-concurrence.
5. Quel est le délai incompressible ?
Beaucoup de salariés pensent pouvoir partir en 48h. En réalité, la loi impose un calendrier strict pour protéger les parties :
Signature de la convention : Après un ou plusieurs entretiens.
Délai de rétractation (15 jours calendaires) : Pendant lequel chaque partie peut changer d'avis sans motif.
Délai d'homologation (15 jours ouvrables) : L'administration (DREETS) vérifie la validité de l'accord.
En résumé : Comptez environ 5 à 6 semaines minimum entre la signature et votre départ effectif.
6. Pourquoi se faire accompagner par le cabinet Lhumen ?
Engager une telle démarche seul peut être intimidant et conduire à une transaction défavorable. Consulter un avocat en droit du travail avant d'entamer la discussion est un atout stratégique pour :
Évaluer le montant réel de vos indemnités (en tenant compte de votre convention collective) ;
Préparer les arguments pour lever les réticences de votre employeur ;
Sécuriser la procédure pour éviter tout refus d'homologation par l'administration.
Le cabinet LHUMEN vous conseille et vous accompagne pour évaluer vos besoins et engager au mieux votre départ négocié dans un cadre serein et protecteur.
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